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MUSIQUE
par VoltaireOnline.eu
VoltaireOnline.eu
a rencontré Sinclair au siège de Warner Music à l'occasion de la sortie
de son derrnier album. Un entretien sympa où Sinclair évoque sa carrière,
son enfance et aussi la génèse de son dernier album "Sin".
SINCLAIR-
INTERVIEW par Aurélie KINSLEY -VoltaireOnline.eu-
©Jean-Baptiste
Mondino
Tu
es né dans une famille d’artistes. Est-ce que ta passion pour la musique
est héréditaire ?
C'est compliqué parce qu'en fait, je me suis jamais
posé la question. On m'a souvent demandé : « Si mon père avait été boulanger,
serais-je devenu boulanger ? » Je pense que par la force des choses,
j'ai été plus exposé que d'autres à la musique, sans pour autant m'en
faire une montagne. J'ai toujours eu des instruments chez moi. J'ai
toujours suivi mon père quand j'étais petit dans des séances d'enregistrement.
J'ai vu comment ça se passait donc je n'ai jamais cru que c'était quelque
chose d'impossible ou d'évident, c'était à la maison quoi ! Je me suis
rendu compte que j'avais envie de chanter tardivement, je m'y suis mis
à l'âge de 15ans-16ans. Avant je voulais faire des effets spéciaux dans
le cinéma, je voulais faire exploser des têtes, je voulais faire des
zombies, je voulais faire des trucs de débiles quoi ! J'adorais ca !
Et un jour, mon père bossait à la maison et il y avait un micro qui
était branché avec un casque, j'ai mis le casque sur mes oreilles. Je
me suis mis à chanter et je me suis dit que je pourrais faire comme
George Michaël, je pourrais faire ça. Et à partir de ce moment là, je
me suis dit que c'est ça que je voudrais faire. Donc qui m'a influencé,
est ce que c'est tout ce matériel, est ce que c'est de voir mon père,
sûrement ! Mais je ne pense pas que ceci est fait de moi ce que je suis,
je pense que c'est quelque chose qu'on a au fond. Être artiste, c'est
quelque chose à part. Mon père est ingénieur du son, il est artiste
dans ce qu'il fait, mais il n’est pas chanteur. Peut être que ceci m'a
aidé à plus m'imprégner de la musique parce que j'en avais sous la main
-mais on ne fabrique pas des artistes-. On l'est ou on ne l’est pas.
©VoltaireOnline.eu
En 2002, tu as signé la BO du film ‘Mon
Idole’. Plusieurs films ont suivi. Est ce qu’on t’a proposé de faire
cette BO ou bien l’idée venait de toi ?
J'ai toujours adoré les musiques de films, je me suis
toujours inspiré de cinéma pour faire de la musique et c'est Guillaume
Canet, à l'époque, qui me l'a proposé et j'ai trouvé l'idée intéressante
de me lancer là dedans. J'ai trouvé une autre façon de faire la musique
sans format. Une musique pas forcément dictée par des couplets, des
refrains, ce n’était pas des chansons. Je me suis dit que c'était une
autre part de moi que j'avais envie d'exploiter et je sais que je n’arrêterais
pas de faire ça. Ça fait vraiment partie de ma vie aujourd'hui. Je suis
d'ailleurs en train de terminer une chanson. C'est aussi pour moi un
laboratoire qui me permet d'expérimenter des choses, d'aller plus loin
dans la musique. C'est, comment dire, mon côté artiste qui n'a pas envie
de se mettre en avant.
Pourquoi t’être consacré à des BO plutôt
qu’à des albums ? (2004 & 2008 = Best Of)
Ces derniers temps j'ai passé beaucoup de temps à servir les autres,
j'ai passé trop d'années à me regarder, à être en avant, à être leader
de mon propre groupe. Un moment je me suis regardé et je me suis dit
« je peux plus me saquer, je n'arrive plus à chanter. », donc j'ai mis
ma carrière de côté. Je pensais que j'allais plus jamais faire de disque,
que j'allais continuer à faire que de la musique de film, jusqu'au jour
où je me suis réveillé et je me suis dit « faut que je chante, faut
que ça sorte, faut que je remonte sur scène. » Et pendant cette période
là, où j'avais plus envie de chanter, j'ai beaucoup fait de musique
de films pour continuer à faire de la musique sans forcément être celui
qui se mettait en avant.
Est-ce que les musiques que tu as composé
pour ce film ont inspiré votre dernier album ?
Je pense que toute musique qu'on fabrique alimente la créativité. Vu
que pour faire de la musique de films, je m'inspire d'autres musiques
que j'écoute, ça m'a certainement asséché au niveau du chant, au niveau
de l'expression de cette énergie quand on chante et c'est vrai que ça
m'a frustré de faire des musiques de films. Comme je le disais avant,
dans la musique de film on est au service de quelqu'un. Donc à un moment
je me suis réveillé et je me suis dit « retourne chanté ! » Parce que
je ne chantais pas sur le disque de BO, ça m'a poussé à revenir
En 2007, tu as participé à "La Nouvelle
Star" comme membre du Jury. Était-ce une proposition ou une envie
?
On me l'a proposé et c'est vrai que je me suis posé mille fois la question,
« Est-ce que je suis fait pour ça, est ce que j'ai envie d'aller là
bas ? » Et au fond de moi je savais que quelque chose allait se passer,
quelque chose qui allait me faire beaucoup de bien ; mais je ne savais
pas quoi. J'ai découvert des choses super en faisant de la télé. J'ai
découvert qui j'étais, j'ai découvert que je pouvais être sympa, que
je pouvais être drôle. Et ça m'a fait vachement de bien. Je pense que
je serais jamais allé frapper à leur porte en leur disant « Est ce que
vous voulez de moi comme jury ? » Je pense que c'est l'occasion qui
a fait que j'ai accepté ce moment de ma vie très agréable, parce que
c'était très sympa à faire.
Et si on te le proposait une nouvelle
fois, est-ce que tu serais partant ?
Je pense que je ne le referais pas de cette manière
là, je pense que j'ai compris ce que j'avais à y trouver, et je l'ai
trouvé. Maintenant j'ai vraiment envie de me consacrer à la scène, à
faire des disques. Je ne dis pas que je ne reviendrais jamais à la télé
mais là ce n’est pas du tout le moment.
En 2004, tu quittais EMI, ta maison de
disques pour créer ton propre label. Pourquoi être retourné chez un
major pour ton dernier album ?
En 2004, on était dans une autre période. Moi j'ai
toujours été producteur des mes disques et je me suis retrouvé dans
une situation très compliquée où ma maison de disque ne faisait pas
son travail, donc j'ai du quitter cette maison de disques. Mais j'ai
dû quitter cette maison de disque en faisant un procès, donc c'est un
truc très compliqué. Je savais qu'en faisant ce procès j'allais devenir
« Persona non grata » dans le business de la musique pendant un certain
temps. Mais j'avais besoin de continuer, donc j'ai monté mon label,
ma maison de disque, et j'ai décidé d'être indépendant et à l'époque
être indépendant, c'était jouable. Aujourd'hui, ça ne l'est plus du
tout. Et même si ça l'était encore, j'ai fait le tour de ce schéma et
ça ne m'intéresse pas du tout, je ne peux plus faire ça. Je ne peux
plus être boss de ma maison de disque, avec mon propre disque à l'intérieur.
C'est un truc d'artisanat plein d'énergie, je me suis dit « il me faut
un partenaire très puissant. Il me faut des gens qui sont motivés, qui
aient une force,du savoir-faire et qui sachent me dire quoi faire quand
je ne sais pas quoi faire. » C'est pour ça que je suis allé voir Thierry
Chassagne (PDG Warner Music ) et j'ai tout de suite compris ce qu'il
fallait pour que l'on bosse ensemble.
©VoltaireOnline.eu
Envisages-tu de produire d’autres artistes
avec ton label ?
Non, je l'ai fermé parce que je n'ai pas assez de temps
à donner aux autres artistes. Je suis moi-même un artiste avant tout.
Je peux écrire des chansons, réaliser un album pour un autre artiste
; mais je ne peux pas être la nounou d'un autre artiste. D'ailleurs,
j'ai essayé et je ne suis pas très bon, ce n'est pas du tout mon domaine.
Quel est le genre de ton dernier album
? Plutôt, funk ou rock ?
Je pense que c'est l'album le plus funk que j'ai fait
jusqu'à présent. C'est l'album le plus pop aussi. C'est un album du
matin et du soir. Il y a très peu de morceaux en tempo lent, c'est surtout
du tempo rapide. C'est un album résolument positif. Il est sorti comme
un cri. C'est un album très accessible. Il y a des morceaux où l'on
se met à danser. Et j'avais envie de faire de la musique qui se danse
sans pour autant que ce soit de la musique de club. C'est peut être
mon disque le plus direct.UNE FAMILLE D’ARTISTES
Sinclair, de son vrai nom Mathieu Blanc-Francard, est né le 19 juillet
1970 à Tours. C’est un auteur-compositeur, musicien et chanteur français
issu d’une famille de professionnels de la musique et du spectacle.
Très tôt il baigne donc dans ce milieu de paillettes.
SINCLAIR-
BIO-
Famille d'artistes :
Son
père, Dominique Blanc-Francard , fut le bassiste du groupe Les Pingouins
dans les années 60. Entre 1970 et 1973 il fut ingénieur du son pour
les studios du château d’Hérouville. Puis il est devenu producteur.
Son oncle, Patrice Blanc-Francard, fut présentateur, producteur, auteur
multimédia puis gérant de la société Rhiannon Productions. Depuis mars
2011 il est le directeur de la radio le Mouv’. Son frère, Hubert Blanc-Francard,
plus connu sous le nom de Boom Bass, est un DJ français. Il fut membre
du groupe Cassius. Un duo composé de Philippe Cerboneschi, connu sous
le nom de Zdar et de Boom Bass.
Sa découverte de la musique
Dans sa jeunesse, séduit par le funk, vers 15 ans il découvre la musique.
Alors que son père travaillait à la maison, Sinclair ramasse un micro
et un casque qui traîne par terre. Il pose alors le casque sur ces oreilles
et se met à chanter. C’est à ce moment-là qu’il a pris conscience qu’il
voulait faire de la musique.Il décide donc de stopper ses études pour
mieux se consacrer à sa passion. Il apprend alors la guitare ainsi que
le clavier. Il trouve également son style en s’inspirant de Prince,
de Stevie Wonder et de Jimi Hendrix.
Sa carrière
En
1993, alors qu’il est âgé de 23 ans, il donne son premier concert entouré
de neuf musiciens. Il incarne alors le renouveau du funk avec son premier
album Que Justice soit faite. Un album familiale, puisque il fut réalisé
avec l’aide de son frère.
En 1995, il sort son second album Au Mépris du Danger, où il s’entoure
de personnalités telles que Matthieu Chédid, Fixi (Java) ou le producteur
Marlon B. Son troisième album, La Bonne Attitude, est celui de sa consécration.
Il donne également une batterie de concert pour faire la promotion de
son second album.
En 1997, il sort La Bonne Attitude, un album toujours sous le signe
de la famille. Deux ans plus tard, il réalise un album live retraçant
ses plus grand succès, et dans lequel on découvre un titre inédit, Ici
et Maintenant.
En 2002 il signe la BO du film Mon Idole, de Guillaume Canet. Puis suivent
plusieurs Best-Of de l’artiste car il se consacre à réaliser des BO
pour divers films.
En 2004, Sinclair quitte sa maison de disque EMI pour créer son propre
label ce qui ne l’empêche pas de continuer à composer. Grâce à sa famille
il réalise l’album Supernova Superstar.
De 2007 à 2009, Sinclair participe au jury de l’émission La Nouvelle
Star (M6), aux côtés d’André Manoukian, Philippe Manœuvre et Lio. A
la fin de sa deuxième saison, l’artiste annonce qu’il arrête l’émission
à cause du niveau musical des participants.
En 2011, il abandonne son label et signe avec Warner pour la sortie
de son nouvel album le 28 mai. Le premier extrait de l’album Sinclair
est déjà disponible à l’écoute depuis le 28 mars 2011.
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