MUSIQUE
par VoltaireOnline.eu Tété
par Anne Lecroq
Les origines de Tété : une enfance multiculturelle, riche
et mouvementée
Le chanteur
Tété est né en 1975 à Dakar d’un père
sénégalais et d’une mère originaire
de Martinique. Il est âgé de seulement deux ans
lorsqu’il arrive à Bordeaux avec toute sa famille.
Suite au divorce de ses parents, il quitte le Sud pour venir habiter avec
sa mère et sa sœur à Saint-Dizier dans le nord-est
de la France. Ce divorce parental marquera de toute évidence les
thèmes de ses chansons, puisqu'une fois auteur,
compositeur, et interprète, Tété
usera dans ses chansons, un humour tantot sirupeux,
tantot corrosif et une sensibilité exacerbée.
Les événements propres à son enfance constitueront
de fait pour le futur artiste, autant de sources d’inspiration pour
ses textes à venir. Ses
premiers pas dans l'univers de la musique
Lorsqu’il
grandit, sa mère lui fait découvrir le jazz,
Bob Dylan et les Beatles qui laisseront
eux aussi leurs traces dans ses compositions futures. A 15 ans, sa mère
lui offre sa première guitare sèche. Tété
découvre alors son instrument de prédilection. Cet instrument
apportera une touche « country » entre jazz, pop,
blues à sa musique.
A l’adolescence, avec deux de ses amis, il crée un petit
groupe de musique et, les trois camardes commencent à jouer dans
les bars de Nancy et de Strasbourg.
Il compose et écrit en anglais, laissant apparaître des influences
musicales plutôt anglo-saxonnes, et joue uniquement entouré
d'amis. Lorsque Tété découvre Keziah Jones,
c'est pour lui, une révélation. Il prends alors la décision
de devenir un véritable musicien. Son
experience parisienne : un artiste enfin reconnu
Il prend ensuite la décision d’emménager seul à
Paris et s’offre une année sabbatique afin de pouvoir écrire
et composer. Armé de sa guitare et de sa verve tantôt cynique,
tantôt délicate, il fait le tour des petits bars
parisiens, des lieux animés, à la recherche d’un
nouveau public, vivant difficilement de ses concerts. Mais la donne change
le jour où il rencontre un ami qui le présente à
des « professionnels du disque ». En 1999, il réalise
un premier quatre titres « Préambule »
qu’il jouera un peu partout en France.
Il commence a se faire connaître auprès du public, charmé
par cet artiste amoureux de la langue de Molière et dont la prose
s’avère délicieusement onirique.Il
nous fait voyager avec lui au grès de ses humeurs, de ses rencontres,
de son quotidien.
Une volonté affirmée de ne pas tomber dans la « facilité
» musicale des grandes maisons de disques :
Contrairement à un grand nombre d’artistes de sa génération,
les albums de l'artiste sont dotés d'une véritable personnalité.
Tété, semble bien décidé à ne pas donner
dans des textes faciles et vendeurs, refusant ainsi de troquer
l’âme et la sincérité de sa musique contre
un succès médiatique assuré. Il choisit d’être
indépendant et de ne pas verser dans les travers du marketing.
C’est d’abord à travers ses tournées que Tété
se fait un nom, et pour cela il n’hésite pas a parcourir
l’Europe entière (France, Suisse, Belgique, Pays-Bas..).
Cet engouement pour le voyage et les tournées lui permet de sortir
son premier véritable album en 2001 « l’Air
de rien » qui, contre toute attente, s’écoulera
à 40 000 exemplaires, seulement quatre mois après sa sortie.
Un
timbre de voix unique au service d’un amoureux de la langue française Dans
ses chansons, son vocabulaire étonne parfois, tant il diverge des
autres auteurs de sa génération. Tété aime
de toute évidence les belles lettres, la langue de Molière
et aime à user et abuser de toute ses subtilités. Il n’est
pas rare de le voir utiliser un vocabulaire d’une époque
révolue. Sa voix suave et mielleuse se marie parfaitement avec
ses textes souvent légers, oniriques et espiègles.
On y retrouve des histoires du quotidien, désuetes
et triviales, susceptibles de parler à chacun d’entre
nous, le tout relevé par une pincée d’humour
et de poésie habile, tantôt surréaliste, tantôt
sérieuse.
Discographie •
Préambule (1999)
• L'air de rien (2001)
• Par monts et vallons (2002)
• A la faveur de l'automne (2003)
• Le sacre des Lemmings (2006)
Les
textes de "dodeline" et "les envies
" sont à l'image de l'humour léger, omniprésent
dans ses chansons :
Dodeline
T'es gentille,
sérieuse, tout... classe
Mais t'es pas très loquace comme tasse.
Tu m'diras, hmm, c'est vrai
Que quand tu t'y mets baby,
C'est peu banal.
Chaque fois c'est un festival.
A m'en sortir des trois
Fois comme toi...
Et dieu sais qu't'es lourde lourde!
Comme quoi...
T'es vraiment qu'une pauvre gourde.
Même que quand tu dodelines
Ca fait plee-king-ka-ting (x2)
C'est marrant, ça marque le temps,
Mais c'est gênant quand il y a des gens...
Même que quand tu dodelines
Ca fait plee-king-ka-ting (x2)
C'est marrant, ça marque le temps,
Mais c'est gênant quand il y a des gens...
Mais dis-moi,
C'est une coutume de ton patelin
De se marier entre cousins?
Ou est-ce plutôt ton saoulot de père
Qui travaillait dans une centrale nucléaire?
Parce que c'est pas vraiment qu't'es moche, (x2)
Mais punaise t'es vraiment trop cloche
Même que quand tu dodelines
Ca fait plee-king-ka-ting (x2)
C'est marrant, ça marque le temps,
Mais c'est gênant quand il y a des gens...
Même que quand tu dodelines
Ca fait plee-king-ka-ting (x2)
C'est marrant, mais deux secondes seulement;
Hey, mais t'as vraiment rien là d'dans?!?
Les envies
En revenant
de bon matin
De chez le boulanger chercher mon pain
Je tombe sur Mia, une amie qui me dit:
"Tu as l'air en paix avec toi même aujourd'hui"
Puis elle me parle de yoge, de tai-shi,
Alors là je lui dis:
"Non, non, non tu n'y es pas baby,
C'est juste que je me laisse un peu pousser les envies."
Je me les suis
coupées pendant longtemps,
Conscieusement,
Moi je trouvais que ça m'allait pas
Mais eux disait que ça
Fait plus propres sur soi, t'sais,
Ma vie est plus drôles qu'avant mainteant
Et bien plus jolie depuis que je me laisse pousser les envies Pas plus
tard qu'hier dans la cage d'escalier,
Je croise la vieille fille du premier:
L'acariâtre Sacha et ses six chats,
Celle qui ne me salue pas.
Et alors que je la dépasse
La pauvre dans son empressement
ne s'aperçoit même pas
Qu'y'a un truc qui pend.
Alors moi,
Bon comme le pain,
Je me dévoue, j'interviens:
"Mam'selle ! S'il vous plait, j'sais pas si vous avez vu mais
Mam'selle vous avez un balai
Coincé dans le..."
L'ingrate ne m'a même pas répondu,
Pas très civil de sa part.
Note que,
C'est vrai qu'elle me mate bizarre
Depuis que je me laisse pousser les envies.