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DOSSIER sur Risques Psychosociaux par Stefan Ferney-Rédaction VoltaireOnline.eu- Globalisation, risques psychosociaux, valeurs humanistes : Drames humains:
Le « SĂĽddeutsche Zeitung » titrait «Une question d’honneur : la sĂ©rie de suicides dans les entreprises françaises continue. L’Etat veut rĂ©tablir un bon climat d’entreprise ». Ces Ă©vĂ©nements dramatiques participent au dĂ©ficit d’image dont souffrent dĂ©jĂ certaines entreprises, notamment, auprès du monde Ă©tudiant et de ses propres clients. En effet, la non-prise en en compte des risques psychosociaux peut avoir des rĂ©percussions humaines dramatiques et des consĂ©quences financières considĂ©rables. Ces mĂ©canismes sont Ă replacer dans un contexte mondial global. A cet Ă©gard, la Chancelière Angela Merkel Ă©voquait dans son discours « un nouveau monde, un nouveau capitalisme », la nĂ©cessitĂ© d’un nouveau système de rĂ©gulation des marchĂ©s financiers ». Le PrĂ©sident de la RĂ©publique française est intervenu de conserve pour stigmatiser certaines dĂ©rives du capitalisme : « Faisons le choix de l’immobilisme et le système sera balayé» et de la nĂ©cessitĂ© de «remettre le capitalisme au service de l’Homme ». Pressions financières: En effet, les pressions financières Ă court terme entrent parfois en contradiction avec des projets de dĂ©veloppement de l’entreprise. Les richesses humaines dans certains cas extrĂŞmes sont ignorĂ©es ou considĂ©rĂ©s comme de simples variables d’ajustements comptables. Il s’agit d’un modèle dans lequel la variable financière peut prĂ©valoir notamment Ă l’encontre de la survie des hommes ou de la valeur de l’entreprise. « Trop de financier tue le financier ! » un crĂ©ateur d’entreprises me rappelait les pressions de ses partenaires financiers pour vendre rapidement son entreprise. Il fut convenu de rĂ©duire les coĂ»ts pour « toiletter » au mieux l’entreprise : l’innovation a Ă©tĂ© sacrifiĂ©e, car trop coĂ»teuse. L’entreprise a Ă©tĂ© vendue Ă un excellent prix du moment. En fait, il s’agissait de la « vente d’une coquille Ă terme vide », faute d’innovation, quelques annĂ©es après la survie de cette entreprise de logiciels n’est plus assurĂ©e et sa position de leadership appartient au passĂ©. D’après ce Chef d’entreprise, un peu de patience aurait permis de vendre cette entreprise Ă un meilleur prix en alliant les intĂ©rĂŞts financiers, de l’entreprise et prĂ©server l’emploi. Des variables multiples: Pour le groupe France Telecom, on peut s’interroger Ă l’instar du Directeur GĂ©nĂ©ral de Technologia sur la nĂ©cessitĂ© de faire perdurer une politique de rĂ©duction de coĂ»ts drastique. En effet, cette politique lĂ©gitime dans une pĂ©riode de crise n’avait guère de sens au-delĂ de cette sortie du seuil critique. Ceci ressemble Ă un modèle mathĂ©matique -devenue un dogme- oĂą la variable financière prĂ©vaudrait quelque soit l’environnement Ă©conomique. Au-delĂ de ce cas, se pose la question de la « dĂ©viation » des missions dĂ©volues aux DRH et le pouvoir rĂ©el de certains dirigeants d’entreprises. Il s’agit lĂ de trouver un modèle prenant en compte ces diffĂ©rentes variables : Ă©conomiques, humaines et financières adaptĂ©s Ă l’environnement multiple. Ces diffĂ©rentes logiques respectables doivent coexister et s’équilibrer. Il s’agit de saluer l’action de certaines entreprises soucieuses de placer les richesses humaines au centre de la valeur de l’entreprise et ne cèdent pas Ă des sirènes financières Ă court terme. En outre, le gouvernement, en particulier, le Ministère du Travail a menĂ© une action active en particulier, auprès d’entreprises en proie Ă des drames et d’une manière gĂ©nĂ©rale, sur le rappel du respect du Code du Travail et la prise en compte des risques psychosociaux. Pistes d'explications: L’entreprise n’est-il plus un lieu d’épanouissement et de rĂ©alisation de ses projets professionnels ? Est-ce un mal français oĂą les relations dans l’entreprise sont plus hiĂ©rarchiques, moins autonomes, plus interpersonnelles qu’en Allemagne ? Cette lecture interculturelle fait partie de l’analyse de Christoph Barmeyer (UniversitĂ© de Passau) s’interrogeant sur les suicides en France. Cependant, les suicides au travail concernent aussi d’autres catĂ©gories que les salariĂ©s et d’autres pays que la France. D’autres hypothèses plus pragmatiques, comme le bruit, la promiscuitĂ© des « open-spaces », le non respect des distances interpersonnelles... Ces lieux rĂ©putĂ©s favoriser les Ă©changes induisent souvent un isolement sournois peu favorable aux synergies d'Ă©quipes. Une vraie rĂ©flexion ergonomique est en cours dans certaines entreprises alliant bien ĂŞtre des salariĂ©s et contraintes budgĂ©taires. Il n'est pas du tout Ă©vident que les "open-spaces" soient rĂ©ellement rĂ©ducteurs de coĂ»ts (coĂ»ts indirects : arrĂŞts maladies, qualitĂ© du travail, diminution de synergies d'Ă©quipes...). Peut-ĂŞtre les Ă©quipements dĂ©volus Ă la dĂ©tente et la convivialitĂ© de l’entreprise Google ou d’autres entreprises françaises feront aussi Ă©cole... « Le superflu chose très nĂ©cessaire »: Voltaire nous rappelait ce « superflu chose très nĂ©cessaire », l’humain n’est-il pas ce superflu racine de nos sociĂ©tĂ©s ? Il est Ă souhaiter que la volontĂ© du « couple franco-allemand » fasse aussi Ă©cole auprès de l’Europe politique, pour « remettre le capitalisme au service de l’Homme ». Le vrai pari consiste en l'Ă©mergence d'un modèle europĂ©en d'entreprise ou un label europĂ©en d'entreprise -alliant richesses humaines & projet d'entreprise & composante financière- Quoiqu'il en soit, l’analyse des risques psychosociaux ne peut faire l’économie la prise en compte de ces donnĂ©es politiques et financières mondiales. ©voltaireonline.eu
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